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Le combat du Sarkin Adar contre le mariage des enfants

Un vent sec soufflait sur la ville, il ne faisait pas trop froid en cette période de l'harmattan. Pas trop de poussière aussi. Les rayons du soleil arrivent à peine sur nos têtes car le ciel est couvert de nuages le temps était clément et  des centaines de personnes étaient ……depuis le levé du soleil devant le Palais royal du Sarkin Adar. Nous sommes a Illéla dans la région de Tahoua où le chef de canton l'honorable Sarkin Adar Yacouba Habibou Oumani a convoqué (objectif de la réunion) pour une rencontre les 226 chefs de villages de son canton. Les tambours traditionnels résonnaient de tous les côtés. Des femmes, des hommes et des enfants continuent à se converger vers le Palais royal. ''Il faut que je réponde à l'appel de ces tam-tams, il y a surement un message pour la population'', raconte Abdoulaye que nous avions rencontré sur le chemin qui mène chez le chef de canton.

La cérémonie était à son comble et le charisme du Sarkin Adar, Yacouba Habibou Oumani ne fait l’ombre d’aucun doute, car tout le village a répondu massivement à  son appel. 

''Vous vous rappelez dans une circulaire j'ai interdit le mariage des enfants dans tout mon canton. Aujourd'hui encore, je réitère cet engagement et c'est un combat auquel qui nous allons tous participer. Nous allons travailler avec les autorités administratives et UNFPA pour mettre fin au mariage des enfants'', a déclaré l'honorable Yacouba Habibou Oumani, devant la population de Illéla et les 226 chefs de villages du canton présents à la rencontre.

Depuis plus de 3 ans le chef de canton de Illéla a fait sienne le combat contre le mariage des enfants en interdisant dans sa juridiction le mariage des enfants à travers la lettre circulaire  N°002/CCI/2016 du 28/02/2016 notifiée à tous les chefs de village et qui a été favorablement accueillie par les populations de Illéla.

A cette date une quarantaine de mariages d'enfants ont été annulés dans le canton. ''Parmi les filles dont le mariage a été annulé, il y a aujourd'hui celles qui sont en classe de première'', a souligné le chef de canton de Illéla, l'honorable Yacouba Habibou Oumani.

Cette rencontre entre le chef de canton, la population et les chefs de village s'est déroulée en pleine campagne de communication pour le changement social et comportemental sur l'utilisation des services de la Santé de la Reproduction et la Planification Familiale.

 

 

Améliorer le bien -être familial

Le combat du chef de canton de Illéla ne s'est pas arrêté à l'élimination du mariage des enfants.  Il s'est aussi attaqué  aux accouchements à domicile.  Il a saisi  l'occasion de cette rencontre  pour échanger avec les chefs de villages et les populations sur la seconde lettre circulaire interdisant les accouchements à domicile.

Ainsi dans tout le canton de  Illéla, il est interdit d'accoucher à domicile. Des sanctions ont été prévues. Une amende de 5000 FCFA pour les familles éloignées du centre médical et de 10.000 FCFA pour les familles proches d'un centre médical. ''C'est vraiment une bonne chose. La santé n'a pas de prix. C'est pour notre bien'', se réjouit Mariama, une ménagère  de 35 ans, habitante de la ville de  Illéla.

Des chefs de canton de la région de Tahoua ont assisté à cette rencontre. Parmi eux, les chefs de canton de Tahoua, de Déoulé et de  Tchintabraden.

'' Les choses ont changé maintenant. Pas de mariage forcé et précoce. Les femmes doivent fréquentées les centres de santé. Nous avons besoin d'une progéniture en bonne santé'', a soutenu le chef de canton de Tahoua, l'honorable Addou Moussa.

La région de Tahoua fait partie des régions du Niger qui enregistrent les taux d’accroissement démographique les plus importants, avec notamment un taux de 4,6% contre 3,9% au niveau national. Les indicateurs d’utilisation des services de la SR font état d’un taux d’utilisation de la PF de 27,23%.