Niamey, 13 août 2026 — Le Centre International de Conférences Mahatma Gandhi a rangé, hier soir, les derniers stands du « Marché du Sahel » et les échos de la Nuit de l'Excellence Sahélienne. Après trois journées intenses, la troisième édition du Forum YouthConnekt Sahel s'est achevée sur l'adoption de la Déclaration de Niamey 2026, feuille de route pour une jeunesse actrice de la paix et de la souveraineté régionale.
Ouvert lundi par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, sous le haut patronage du Chef de l'État, le Général d'Armée Abdourahamane Tiani, le forum a réuni près d'un millier de jeunes venus d'une dizaine de pays sahéliens, sur les 14 pays africains représentés, avec plusieurs milliers d'autres connectés via les plateformes numériques.
Dans son allocution d'ouverture, le chef du gouvernement avait fixé le ton en refusant de cantonner la jeunesse au rôle de simple bénéficiaire des politiques publiques. Insistant sur le lien entre éducation et capacité d'innovation, il avait affirmé qu'une jeunesse bien formée est « par essence un vecteur d'innovation », plus réceptive au numérique et à l'entrepreneuriat moderne — un potentiel, selon lui, mobilisable dans l'économie numérique, les énergies renouvelables ou l'agriculture intelligente.
De son côté, le ministre nigérien de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Sidi Mohamed Almahmoud, qui a piloté l'organisation de l'événement aux côtés de ses homologues du Mali, du Burkina Faso et du Togo, a salué trois jours de travaux ayant permis de confronter les expériences nationales sur la sécurité, la stabilisation économique et l'autonomisation des jeunes, se félicitant que la délégation régionale reparte « étoffée » des bonnes pratiques partagées à Niamey.

Sur le terrain, les jeunes participants retiennent surtout la densité des échanges. « On est venus avec une idée d'application agricole, et en 48 heures de hackathon, on est repartis avec des contacts d'investisseurs et un prototype fonctionnel », confiait un jeune innovateur malien au sortir du Sahel Innovation Lab. Une participante burkinabée, engagée dans l'entrepreneuriat social, résumait de son côté l'esprit du forum : « Ici, personne ne nous a parlé de nous comme d'un problème à gérer, mais comme d'une force à qui on donne enfin la parole. »

Entre panels de haut niveau, dialogues intergénérationnels, rencontres B2B et Marché du Sahel, le forum aura permis d'aborder sans détour les grands défis de la région : insécurité, fracture numérique, marginalisation de la jeunesse rurale, gestion souveraine des ressources naturelles. Autant de chantiers que la Déclaration de Niamey 2026 entend désormais traduire en engagements concrets, en attendant la prochaine étape du dialogue régional.
Cette rencontre régionale de haut niveau a réuni, aux côtés des ministres en charge de la Jeunesse du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Togo, les représentants des agences du Système des Nations Unies au Niger — PNUD, UNFPA et UNICEF.
Rendez-vous est déjà pris pour la prochaine édition : YouthConnekt Sahel posera ses valises à Bamako, au Mali, en 2027.

