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INDEX: Genre

Femmes victimes de violences

La violence se définit comme tout acte provoquant ou susceptible de provoquer des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques. La menace d'un tel acte, la coercition et la privation arbitraire de liberté sont également considérés comme des violences. Qu'ils aient lieu dans la sphère publique ou privée, ces actes sont des violences.

Les femmes sont trop souvent victimes de violences uniquement parce qu'elles sont du sexe féminin. La violence est alors fondée sur le genre ; c'est à dire basée sur les rôles sociaux attribués aux hommes et aux femmes dans la société. C'est parce qu'ils sont des hommes que certains s'arrogent le droit battre, priver de liberté ou violer les femmes. L'image que les hommes ont d'eux-mêmes ou la pression faite par leurs pairs pour qu'ils adoptent un comportement machiste biaisent souvent leur perception de la violence qu'ils exercent. La socialisation des hommes et des jeunes garçons est l'une des causes de la violence fondée sur le genre. Mais il existe d'autres facteurs d'explication de la violence contre les femmes : la dépendance économique des femmes envers les hommes, l'accès limité à l'éducation, le statut inférieur de la femme défini par la loi ou la coutume, le manque de compréhension pour les problèmes des femmes par les forces de l'ordre et le système judiciaire, la sous-représentation des femmes dans les organes de décisions, politiques, médiatiques ou médicaux, etc. Que ce soit dans le domaine économique, politique, légal, culturel ou familial, les inégalités de genre sont les causes sous-jacentes des violences dont sont victimes les femmes.

La violence fondée sur le genre est reconnue internationalement comme une violation des Droits de l'Homme. C'est aussi un problème de santé publique majeur. Selon la Banque Mondiale, la violence faites aux femmes entre 15 et 44 ans cause plus de décès et de blessures dans le monde que le cancer, la malaria, les accidents de circulation et même la guerre. La violence fondée sur le genre met non seulement en danger la santé physique et mentale des femmes mais a également des implications négatives sur sa vie familiale et sociale. Ainsi, par exemple, les conséquences d'un viol (c'est-à-dire d'une relation sexuelle non librement consentie) sont :

- Physique : blessures, fractures, risque de contamination à une MST ou au VIH/sida, risque de grossesse non désirée ;
- Mentale : traumatisme, dépression, sentiment de culpabilité, anxiété et stress généralisé, phobie, trouble de la mémoire, refus de s'alimenter, etc
- Sociale : humiliation, déshonneur, mise à l'écart, suspicion de collusion avec le violeur, rejet par le mari ou la famille, etc.

Seule une faible proportion de viols sont signalés. Dans de nombreuses sociétés, la dénonciation d'un viol ou d'une violence ne garanti pas une condamnation de l'agresseur. Alors, la victime préfère se taire et doit gérer seule les conséquences de ce qu'elle a subi. Pourtant, dénoncer la violence c'est la refuser. Refuser la violence, c'est commencer à la réduire. Trop de violences sont tacitement acceptées par la société ; justifiée par la culture ou les traditions.

Au Niger, la majorité des violences dont les femmes sont victimes reposent sur des pratiques traditionnelles. Le Rapport sur le Développement Humain du Niger (PNUD, 1998) détaille ces pratiques traditionnelles néfastes, qui sont à la fois des violences physiques et morales :

- Le mariage précoce qui a lieu, dans certaines zones, dès que la fillette a 9 ans.
- Le mariage forcé est une pratique courante, souvent motivée par des raisons matérielles (paiement de la dot à la famille de la mariée, entre autre).
- Les violences conjugales qui, le plus souvent, ne sont pas dénoncées ou sont considérées comme des prérogatives du mari envers sa femme.
- Les restrictions alimentaires qui limite la ration alimentaire des filles et des femmes ou parfois d'une catégorie de femme au sein de la famille (seconde épouse, veuve, etc.).
- Le culte de la famille nombreuse qui, surtout en zone rurale, lie le statut de la femme au nombre des enfants qu'elle donne.
- Le retrait de l'enfant en bas âge est une pratique répandue dans l'ensemble du pays. Il survient en cas de séparation ou de répudiation parfois avant même le sevrage de l'enfant.
- La claustration se pratique surtout en milieu haoussa et dans les catégories sociales aisées, elle est considérée comme une source de prestige. Outre la privation de liberté, la claustration ne donne à la femme qu'une seule référence pour comprendre le monde extérieur ; son mari.
- Le gavage a lieu surtout en milieu djerma, il est perçu par les femmes comme un moyen de séduction.
- L'excision est pratiquée dans certaines régions du Niger et par certains groupes ethniques (les Arabes shuwa dans le département de Diffa, les peuls dans celui de Tilabéry et dans la communauté urbaine de Niamey).
- La traite sous mariage déguisé existe surtout dans les régions de Tahoua, Ingall, Keïta et Madaoua.
- La répudiation est une pratique courante au Niger. Elle donne au mari le pouvoir de rompre unilatéralement les liens du mariage. Elle est souvent pratiquée contrairement aux prescriptions du Coran ; qui est pourtant avancé pour la justifier. Par le départ précipité de la mère, la répudiation met en danger le bien-être des enfants.

Par son appui technique et financier à l'Initiative Genre au Niger, l'UNFPA soutien une Commission Nationale sur le mariage et le divorce. Cette Commission, qui regroupe toute les composante de la Société civile (y compris les leaders traditionnels), est parrainée par le Ministère de la Justice. A terme, elle produira un avant-projet de loi visant à apporter une solution équitable à la problématique de la répudiation au Niger.

De manière plus générale, l'UNFPA s'est associé à l'UNICEF et l'OMS pour réduire significativement la pratique des mutilations génitales féminines en 10 ans. Dans leur Déclaration Commune, les 3 organisations affirment que " les pratiques traditionnelles peuvent avoir un effet néfaste sur la santé et que c'est souvent le cas pour les pratiques concernant les petites filles, les relations entre hommes et femmes, le mariage et la sexualité ".
La Déclaration précise qu'il ne s'agit pas de juger les comportements ou les valeurs culturelles. Mais qu'en la matière, la passivité est inacceptable. " Les comportements humains et les valeurs culturelles, qui peuvent apparaître comme insensées ou destructrices d'un point de vue extérieur, ont une signification réelle et remplissent une fonction pour ceux qui la pratique. Néanmoins, la culture n'est pas statique; elle est en constante évolution. Les individus changeront leur comportement quand ils comprendront les risques et l'indignité des pratiques néfastes; quand ils comprendront que ce n'est pas parce qu'on renonce à une pratique traditionnelle néfaste, qu'on renonce à sa culture ".

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