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Formation des chefs traditionnels de la région de Zinder sur les questions de population et développement, la santé de la reproduction et la planification familiale

1 January 2016

 

Les Chefs traditionnels de la région de Zinder demandent au Gouvernement de faire adopter un texte de loi pour interdire le mariage précoce

L’Association des Chefs Traditionnels du Niger (ACTN) a organisé, du 12 au 14 mars 2007 à Zinder, une formation à l’intention de ses membres de la région, sur les questions de population et développement, Santé de la Reproduction et planification familiale.

Au plan national, la formation intervient dans un contexte marqué par une croissance démographique accélérée. En effet, d’après les résultats du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGP/H 2001), le taux de croissance annuel de la population nigérienne est de 3,3%. Ce taux de croissance élevé de la population n’est pas sans conséquences sur les différents secteurs de la vie socio-économique de notre pays.

La formation intervient également après l’adoption par le Conseil des Ministres, le 13 Février 2007, de la Déclaration du Gouvernement en matière de Politique de Population (DGPP), qui met l’accent sur un changement de mentalité et de comportements reproductifs responsables, afin d’améliorer l’utilisation de la contraception, réduire les mariages précoces, favoriser l’accès à des services de qualité en Santé de la Reproduction.

 

Au plan régional, la formation intervient dans un contexte caractérisé par un « dysfonctionnement des structures de santé, par des barrières socioculturelles qui limitent la sous utilisation des services de Santé de la Reproduction (SR). Parmi ces barrières socioculturelles, on peut citer : les croyances traditionnelles pronatalistes les barrières religieuses, l’ignorance et l’alphabétisme, l’absence de pouvoir décisionnel aux femmes, l’absence de soutien des maris aux femmes, etc. » En effet, l’Enquête Démographique et de Santé (MICS 2006), les indicateurs sanitaire de la région de Zinder se caractérisent par i) un indice de fécondité (ISF) de 7,4% par femme (contre 7,1 % par femme au niveau national), ii) un taux de prévalence contraceptive moderne de 2,5% (contre 5% au niveau national), iii) un taux de mortalité infantile de 113%, vi) un taux de femmes atteinte par la fistule obstétricale de 0,4%, v) un taux de prévalence de VIH SIDA de 0,5%.

Les chefs traditionnels, de par leur fonction et leur statut social, sont des acteurs incontournables dans la sensibilisation des populations en matière de population et développement. Pour conduire efficacement les actions de sensibilisation à l’endroit des populations, la formation vise à leur donner des informations et des données sur les interrelations Population et Développement, la Santé de la Reproduction la planification familiale, les conséquences du mariage précoce. La formation a également porté sur les outils et approches de communication pour leur permettre de mieux accomplir les activités.

La formation a regroupé 20 chefs de cantons et de groupement, le Bureau Exécutif de l’Association des Chefs Traditionnels du Niger, les cadres du Ministère de la Santé publique, de la Population et des Réformes Sociales ainsi que le chargé de communication du Fonds des Nations Unies pour la Population l’UNFPA, représentant le Bureau.

L’ouverture de l’atelier a été présidée par Madame la Ministre de la Population et des Réformes Sociales. Dans son discours d’ouverture, BOUKARI ZILA MAMADOU a souligné que les objectifs de réduction de la pauvreté visés par le Déclaration du Gouvernement en matière de Politique de Population ne saurait être atteint que « si nous mettions un accent particulier sur l’utilisation des outils de conscientisation tels que l’information, l’éducation et la communication, afin d’accroître l’adhésion des populations et de l’ensemble des acteurs au défi démographique ». Dans cette perspective, les chefs traditionnels sont indispensables en tant que représentants de l’autorité administrative les plus proches des communautés; mais aussi et surtout, parce qu’aucune action de développement durable ne saurait réussir, sans leur implication effective et leur ferme engagement.

Les Chefs traditionnels ont échangé et ont débattu sur les questions de population et développement, les différents obstacles sociaux en matière de population et développement et ont mesuré le rôle et le devoir qui leur incombent dans la sensibilisation et la conscientisation des populations, hommes et femmes sur les conséquences du mariage précoce, la forte croissance démographique et la nécessité de promouvoir la Planification Familiale. Les récits et cas vécus de mariages précoces et les initiatives des chefs traditionnels à lutter contre ce phénomène ont contribué à enrichir les débats.

A l’issue de leurs travaux, les chefs traditionnels de la région de Zinder ont formulé les recommandations suivantes :

A l’endroit du Gouvernement

• D’associer étroitement les chefs traditionnels dans la mise en œuvre de la nouvelle Déclaration du Gouvernement en matière de Politique de Population ;

• De fournir des appuis techniques et matériels conséquents aux chefs traditionnels, afin qu’ils puissent mener à bien des actions continues de proximité en matière de sensibilisation des populations sur les questions de population et de santé de la reproduction ;

• Renforcer la formation des chefs traditionnels des régions du Niger, sur la problématique population et développement et les questions relatives à la santé de la reproduction ;

• Faire adopter un texte de loi pour contrecarrer le mariage précoce.

A l’endroit du Fonds des Nations Unies pour la Population

De renforcer et formaliser le partenariat avec l’Association des Chefs Traditionnels du Niger, en vue de soutenir ses actions de sensibilisation sur les interrelations population et développement, sur les questions relatives à la santé de la reproduction et la planification familiale.

Cette formation renforce le partenariat entre l’Association des Chefs Traditionnels du Niger, le Fonds des Nations Unies pour la population, le Ministère de la Population et des Réformes Sociales, le Ministère de la Santé Publique pour que les données de population soient prises en compte dans la formulation des politiques et des programmes visant à réduire la pauvreté et pour faire en sorte que toutes les grossesses soient désirées, que tous les accouchements soient sans danger, que tous les jeunes soient protégés du VIH et du Sida et que toutes les filles et toutes les femmes soient traitées avec dignité et respect.
Témoignage de Yahaya Louché, Chef de Canton de Bandé, Magaria, Zinder

 

Nous sommes avec les populations, nous connaissons leurs réalités: Seulement, aujourd’hui avec l’avènement de la démocratie, nous sommes tenus de savoir agir par rapport à certains comportements des populations. Dans le village de Gomba, j’ai appris qu’une fille de CM2 a été retirée de l’école par son père pour la marier à un Elhadj. Je me suis déplacé dans le village pour rencontrer les parents et les intimer à réinscrire la fille à l’école sous peine de les traduire devant la justice. Cela est une initiative personnelle, car nous avons compris toute la nécessité de scolariser les enfants et notamment les jeunes filles. Mais je vous dis que cela n’est pas facile, surtout dans le contexte actuel où chacun dit qu’il est libre de disposer du devenir de ses enfants et qu’il n’existe aucun texte de Loi qui interdit le mariage précoce. Nous faisons que la dissuasion et la conciliation, mais cela limite